Gestion des risques publics: 9e Conférence des Villes

Filed in PRIMO dans la gestion des risques by on 1 octobre 2009 0 Comments

A l’occasion de la 9e Conférence des Villes, qui s’est tenue le mercredi 23 Septembre 2009 à l’Hôtel de Ville de Paris, Philippe Auzimour et Gérard Combe ont dévoilé les résultats de l’enquête:

« Attitudes et comportements des collectivités publiques européennes dans la gestion des risques »

Gestion des risques en service public : La menace de catastrophes et la pression des parties prenantes poussent les collectivités locales à se focaliser sur la gestion des risques.

Un sondage conduit auprès de 200 entités publiques en Europe, et révélé lors de la Conférence mondiale des Villes à l’Hôtel de Ville de Paris ce jour, révèle que la nécessité de mieux gérer les risques majeurs et les risques liés aux grands projets focalise la gouvernance publique vers la gestion des risques.

Plus de la moitié des réponses au sondage mené conjointement par MARSH, leader mondial de la gestion des risques et du courtage d’assurances, et PRIMO, association européenne de gestion des risques publics, affirment avoir été confrontés à un sinistre majeur au cours des cinq dernières années : dépassements significatifs de budgets sur les grands projets, interruptions de services publics, départ d’employés-clés. De plus, trois quart des sondés affirment que le volume et la complexité des risques ont augmenté ces dernières années.

Un autre facteur de prise de conscience de l’importance de la gestion des risques est la pression exercée par les tiers. Plus de la moitié des interviewés estiment que les administrés, les entreprises, les élus ont fortement incité les dirigeants territoriaux à les informer sur les risques financiers, les risques d’image, et d’une façon générale les évolutions législatives ou les pratiques de gestion des risques susceptible d’affecter le service public.

La responsabilité publique en matière de protection de la collectivité, notamment d’environnement et de sauvegarde de la population, augmente.

Lorsqu’elles sont interrogées sur la hiérarchisation des risques, les collectivités répondent que leur préoccupation pour les 18 mois à venir sont d’abord liées à l’environnement au sens large du terme (73%), incluant les catastrophes naturelles et d’origine humaine, et les risques liés aux changement climatiques. Vient ensuite l’augmentation de la responsabilité publique (63%), la continuité du service public (63%) et la sauvegarde de la population (54%) et les risques liés aux partenariats avec le secteur privé (51%). Ces résultats démontrent la difficulté des collectivités, prises entre des besoins immédiats pour faire face à leur responsabilités, notamment en matière de risques industriels, aux obligations réglementaires nombreuses émanant de l’Etat et des instances européennes, et les risques à long terme qu’elles doivent assumer et pour lesquelles leur rôle de prévention s’accroît. Ce phénomène est particulièrement mis en exergue en matière d’environnement, de santé publique ou de risque de pandémie, où la responsabilité de l’Etat et des collectivités locales face aux acteurs privés renforce la nécessité pour les collectivités de définir et coordonner une gestion des risques à l’échelle nationale et territoriale, et rend plus difficile un partage des risques équitable avec le secteur privé.

Les collectivités locales réalisent qu’elles doivent évaluer et faire évoluer leur gouvernance en matière de gestion des risques.

Face à ce phénomène 75% des participants expriment le fait qu’un référentiel de gestion des risques améliore ou pourrait améliorer leur gouvernance. Lorsque ce référentiel existe, comme au Royaume Uni, 89% estiment qu’il a bénéficié à la collectivité au sens large du terme, c’est-à-dire aux citoyens, mais aussi aux acteurs privés. Cependant, seulement 40% des personnes interrogées affirment comparer leur pratiques de gestion des risques avec celles des autres collectivités.

Philippe Auzimour, Directeur Europe Services Publics du Groupe MARSH : « La récession va avoir un impact déterminant sur l’approche du secteur public en matière de gestion des risques. Les élus et dirigeants territoriaux placent la gestion des risques davantage au cœur de leurs préoccupations.Plus de la moitié des répondants estiment que cette crise place la gestion des risques au cœur de la gouvernance publique. Une proportion similaire a accéléré la revue de leurs pratiques en matière de gestion des risques, et 22% estiment que leur collectivité va voir leur rôle de prévention et leur responsabilité en matière de gestion des risques s’accentuer. La proportion qui estime le contraire est la plus faible des 7 secteurs d’activité sondés, ce qui démontre cette tendance vers un accroissement de la responsabilité publique plus rapide que celle des acteurs privés.

Gérard Combe, Vice Président de Primo Europe et Fondateur de l’UDITE (Union des Dirigeants Territoriaux Européens) : Confrontés à des risques globaux et complexes tels que la pandémie, la crise économique et financière ou les risques naturels, les collectivités publiques s’organisent pour une gouvernance globale du risque. Quelle que soit l’excellence des approches verticales, elles ne sont pas suffisantes lorsque les risques se multiplient, s’entrecroisent, et interagissent les uns avec les autres.
Le risque s’invite au cœur du management public partout en Europe.

Recommandations de Marsh et de PRIMO

1. Placer la gestion des risques à un niveau à la hauteur des enjeux

Les collectivités ont besoin d’intégrer la gestion des risques dans la gouvernance publique de façon plus structurée et formalisée. Elles pourront ainsi faire face à l’accroissement de la responsabilité publique mise en évidence, et contribuer davantage encore à la sauvegarde de la population. Ceci nécessite de doter les dirigeants territoriaux d’outils de gestion des risques adéquats, de créer un consensus autour d’une politique de gestion des risques définie et coordonnée par un directeur des risques. Le Directeur Général des Services peut utilement animer un comité de gestion des risques définissant les axes stratégiques et pilotant les actions en la matière.

2.Favoriser l’émergence de référentiels et de formation en matière de gestion des risques spécifiques au secteur public, et la coopération.

Les outils de gestion des risques développés dans le secteur privé, et le programmes de formation correspondants, sont encore trop peu développés dans le secteur public. Les futurs gestionnaires de risques en collectivités locales doivent être formés à la cartographie des risques, aux analyses comparatives, aux risques liés aux partenariats public-privés, et aux outils de résilience suite aux évènements graves, ainsi qu’aux mécanismes de transfert des risques.

Leurs défis sont en cela très différents du secteur privé, car elles ont plus besoin de coopérer en matière de gestion des risques, qui ignorent les frontières à l’exemple du risque de pandémie, que de se faire concurrence. Il est donc crucial qu’elles échangent et coordonnent leur politique à l’échelle communautaire, locale, nationale voire internationale, et c’est la vocation de PRIMO en Europe.

3.Optimiser le transfert aux marchés de l’assurance et la conservation des risques

La crise actuelle aura pour corollaire l’augmentation des sinistres, en fréquence et en intensité, et des réclamations émanant des citoyens et des entreprises en difficulté. Les collectivités pourront ainsi financer le coût additionnel de ces risques en augmentant leur part d’auto assurance, à condition que la gestion des risques produisent les retours escomptés.

Le rapport complet en Anglais est téléchargeable sur le site de MARSH (www.marsh.com) ou de PRIMO EUROPE (www.primo-europe.eu).

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