Villes – Primo France https://www.primofrance.org La gouvernance du risque Fri, 19 Dec 2014 17:16:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 6850764 Article du journal « Le Monde » sur la fiscalité des communes https://www.primofrance.org/2014/12/article-du-journal-le-monde-sur-la-fiscalite-des-communes/ Fri, 19 Dec 2014 17:16:07 +0000 http://www.primofrance.org/?p=1563 Fiscalité des communes, « le compte n’y est pas »

(extraits)

 

Olivier Dussopt, maire socialiste d’Annonay, est député de l’Ardèche. Il est également président de l’Association des petites villes de France. Expert des questions de fiscalité locale, il a été nommé en 2013 rapporteur de la commission des lois pour le projet de loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles.

François Hollande, candidat à l’élection présidentielle, déclarait le 3 mars 2012 : « Je renforcerai la solidarité financière de l’Etat et des collectivités locales. » Deux ans et demi plus tard, a-t-il tenu sa promesse ?

Olivier Dussopt : Il l’a fait partiellement. L’engagement est tenu concernant la solidarité entre les collectivités, mais ne l’est pas s’agissant des dotations.

François Hollande et les gouvernements successifs ont protégé le rythme de progression du fonds de péréquation communal et intercommunal. Il progresse de 200 millions d’euros en 2015 et atteindra la somme de 1 milliard d’euros en 2016, ce qui était l’objectif fixé. L’engagement de solidarité entre les territoires est donc tenu. Du point de vue de l’Etat, la péréquation verticale augmente également. Dans la manière dont l’Etat distribue l’argent aux collectivités, il y a une réelle prise en compte des difficultés des territoires, c’est un autre engagement tenu. Enfin les départements font face à des dépenses sans précédent en matière d’action sociale et, pour la deuxième année consécutive, les départements font l’objet d’un fonds spécial de prêt de 1 milliard d’euros. Le premier ministre a annoncé sa pérennisation.

[…]

Manuel Valls rencontrera les maires, à Paris, jeudi 27. Est-ce que les maires peuvent attendre une annonce du gouvernement à l’occasion de ce rendez-vous ?

Manuel Valls a été maire, il a rencontré toutes les associations d’élus et connaît leur situation et leurs difficultés par cœur. Mais la situation financière est telle qu’il ne pourra pas faire de miracle concernant la baisse des dotations d’Etat.

 
En savoir plus sur:  http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/11/25/fiscalite-des-communes-le-compte-n-y-est-pas_4529085_823448.html#3EeMD4QoyR6zv5qg.99

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Violences urbaines: les nouveaux enjeux https://www.primofrance.org/2014/11/violences-urbaines-les-nouveaux-enjeux/ Mon, 10 Nov 2014 15:25:39 +0000 http://www.primofrance.org/?p=1526 Manifestations après la mort de Rémi Fraisse

Manifestations après la mort de Rémi Fraisse

Ces derniers temps, de violents affrontements ont eu lieu dans plusieurs villes de France, suite au décès de Rémi Fraisse lors d’un heurt avec les forces de l’ordre sur le site de Sivens.

Quelles sont les réponses possibles des collectivités face à ces violences ? Quels sont les risques liés à ces violences ? Les émeutes engendrant de la casse et des arrêts de circulation, quel sera leur coût ?

1/ Définition

« Dans les sociétés modernes, on appelle violences urbaines un phénomène d’explosion de violences collectives […] de la part de populations qui s’estiment défavorisées ou humiliées par les institutions. Ces violences sont souvent déclenchées par des faits perçus comme des abus d’autorité, notamment la mort d’un individu au cours d’une supposée bavure policière. »[1]

La médiatisation, parfois excessive de ces violences, répercute leurs effets traumatisants, et provoque des scissions d’opinion au sein de la population, créant un climat d’insécurité latent.

« Les experts avancent plusieurs explications de ce phénomène, contradictoires ou complémentaires, tandis que certains commentateurs rejettent toutes les explications ou tentatives d’explication, par crainte de les voir valoir comme une victimisation et donc une légitimation des fauteurs de troubles. »[2]

Les pouvoirs publics ayant pour obligation de ramener l’ordre au plus vite, selon le pacte social, sont confrontés à des groupes plus ou moins organisés, avec des revendications diverses, exprimant aveuglément un mécontentement parfois couvé de longue date.

2/ Les individus concernés et les lieux de ces violences

Ces groupes sont variés, et sont rejoints, à plus ou moins court terme, par des bandes de casseurs, qui n’ont généralement pas de lien avec les revendications principales. Ceux-ci provoquent les forces de l’ordre, essaient d’aller « au contact », comme le dit le jargon, afin de faire réagir les cordons de sécurité. Les casseurs sont en marge des manifestants, et les dégradations qu’ils font subir aux propriétés publiques ou privées ne font pas partie de la revendication principale. Il ne faut pas non plus les confondre avec les « hooligans », qui sont, eux, des supporters de sports et dont les violences se font généralement à l’encontre des supporters d’un groupe sportif opposé.[3]

Ces violences urbaines, comme l’indique leur terminologie, sont évidemment confinées à la ville, et ce phénomène est relativement récent, étant donné que les cités sont construites pour repousser les affrontements à l’extérieur, pour des raisons évidentes de facilitation du commerce. Au Moyen-Âge, par exemple, les jacqueries avaient lieu à la campagne, lieu considéré de toute façon comme sauvage et propice à toutes les exactions.

Cependant, depuis un exode rural massif, les villes sont le nouveau départ des violences, menant à des émeutes, des révoltes et parfois à des révolutions (Paris, notamment, capitale à la population instable et prompte à tous les débordements). L’urbanisation a donc été un facteur du confinement de la brutalité, à laquelle on oppose les forces de l’ordre, sous toutes leurs formes.

Selon Max Weber, l’Etat se définit comme une entreprise de monopolisation de la violence physique légitime. C’est pourquoi l’apparition de groupes utilisant une forme de contestation somatique (et non plus par recours judiciaire, par voie orale ou écrite) est gravement déstabilisant du point de vue politique : cela remet en question la capacité de l’instance étatique à défendre les citoyens, ce qui est le fondement même du pacte social.

Parallèlement à l’exode rural, on érige en périphérie des villes de grands complexes industriels pour accueillir en quantité suffisante les ouvriers et leurs familles. Ce phénomène s’accentue après-guerre, avec la construction par les autorités de grands ensembles où logent des populations démunies et en voie de paupérisation. La population périurbaine devient donc celle en marge des villes, la « banlieue », un espace défini dès le Moyen-Âge, situé à une lieue de la ville et où s’arrête l’application du ban, le pouvoir seigneurial. Exclue de la Cité, et donc de la civilisation, la banlieue est dans l’inconscient collectif un territoire de non-droit. Les violences présentes dans les banlieues sont à tout moment exportées par les transports en commun, qui sont également récipiendaires des agressions.

Les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises sont à ce jour la plus critique des situations, et ont amené le gouvernement Villepin à proclamer l’état d’urgence, pour la première fois en France métropolitaine depuis 1955.

3/ Les cibles de ces violences Outre les vitrines des commerces, les trois cibles principales sont :

  • L’école. De nombreux cas de violences scolaires sont recensés au cours des années : assauts physiques avec et sans armes, insultes, menaces, racket, viols, attouchements et dégradations.
  • Les transports urbains, dont les fauteuils sont couramment lacérés, les vitres gravées, les portes recouvertes de tags. La SNCF consacre à elle seule cinq millions d’euros annuellement au nettoyage de ces tags.
  • La police et les pompiers, régulièrement pris à partie ou « caillassés », déplorant tous les jours des outrages à agent.

4/ La réponse publique et ses difficultés

Selon le politologue Sebastian Roché, l’État devrait apporter une réponse nette au problème de la violence des villes s’il veut rester crédible. La solution oscille tantôt entre répression et prévention, avec, en France, un accent fort sur la seconde, en tout cas jusque récemment. Elle nécessite en tout cas l’intervention d’une justice forte. Elle demande également, en tant que politique publique, une évaluation efficace, ce qui signifie un outil statistique efficace. Mais toutes les violences ne sont pas quantifiables. Aussi, depuis quelques années, des enquêtes de victimisation sont réalisées pour mieux appréhender qualitativement les phénomènes de violence. Elles consistent à interroger les personnes sur les incidents dont elles auraient été victimes et qu’elles ont ou non déclarés à la police. Ces enquêtes existent de longue date aux États-Unis, et depuis peu en France, dans le cadre de l’International Crime of Victimization Survey. On signale aussi que les chiffres restent des moyennes qui peuvent masquer d’importantes disparités géographiques et sociales. En fait, plus qu’à une augmentation de la violence, c’est à une diversification des victimes et des institutions visées à laquelle on assisterait.

  • CONCLUSION

Les violences urbaines sont donc liées à des conditions d’inversion de la norme. Les auteurs de ces violences sont, tout au long du procédé d’agression, l’incarnation de l’autorité, de l’ordre établi sur leur territoire. Ces conditions d’inversion de la norme ont d’énormes conséquences sur l’espace environnant, qui est aussi celui des tiers : sur la ville, sur son mobilier urbain, sur les transports, etc.

En tant que victimes directes ou indirectes de ces violences, les tiers souffrent souvent bien moins de la douleur infligée que de leur incapacité à réagir de façon appropriée à la violence qui l’inflige, c’est-à-dire en fait, le plus souvent, par la violence. Ainsi, une grande partie des traumatismes dont ils souffrent après avoir été agressés d’une manière ou d’une autre relève en fait de leur extrême loyalisme à l’égard de l’État, lequel leur enjoint de ne pas céder à la violence même quand celle-ci s’impose à eux. Ils peuvent dès lors exiger des autorités en retour à ce qu’ils ressentent comme un sacrifice une reconnaissance qui puisse les instituer en tant que victimes, victimes éventuellement qualifiées pour parler et agir contre la source de la violence qui les a atteints. Ce serait là l’ultime défi que posent les violences urbaines aux pouvoirs publics. En dégradant le cadre de vie de tous, elles transformeraient chacun en producteur de doléances auxquelles les autorités devront tôt ou tard répondre si elles ne veulent pas perdre la confiance des citoyens.

 

[1] Wikipédia : Violences urbaines <http://fr.wikipedia.org/wiki/Violences_urbaines>, consulté le 03/11/2014

[2] Id.

[3] Cf. « Pourquoi cassent-ils ? Présentation des discours et motivations des casseurs », par G. Ricordeau, 2001

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Gestion des risques publics: 9e Conférence des Villes https://www.primofrance.org/2009/10/gestion-des-risques-publics-9eme-conference-des-villes/ Thu, 01 Oct 2009 15:12:36 +0000 http://www.primofrance.org/?p=301 A l’occasion de la 9e Conférence des Villes, qui s’est tenue le mercredi 23 Septembre 2009 à l’Hôtel de Ville de Paris, Philippe Auzimour et Gérard Combe ont dévoilé les résultats de l’enquête:

« Attitudes et comportements des collectivités publiques européennes dans la gestion des risques »

Gestion des risques en service public : La menace de catastrophes et la pression des parties prenantes poussent les collectivités locales à se focaliser sur la gestion des risques.

Un sondage conduit auprès de 200 entités publiques en Europe, et révélé lors de la Conférence mondiale des Villes à l’Hôtel de Ville de Paris ce jour, révèle que la nécessité de mieux gérer les risques majeurs et les risques liés aux grands projets focalise la gouvernance publique vers la gestion des risques.

Plus de la moitié des réponses au sondage mené conjointement par MARSH, leader mondial de la gestion des risques et du courtage d’assurances, et PRIMO, association européenne de gestion des risques publics, affirment avoir été confrontés à un sinistre majeur au cours des cinq dernières années : dépassements significatifs de budgets sur les grands projets, interruptions de services publics, départ d’employés-clés. De plus, trois quart des sondés affirment que le volume et la complexité des risques ont augmenté ces dernières années.

Un autre facteur de prise de conscience de l’importance de la gestion des risques est la pression exercée par les tiers. Plus de la moitié des interviewés estiment que les administrés, les entreprises, les élus ont fortement incité les dirigeants territoriaux à les informer sur les risques financiers, les risques d’image, et d’une façon générale les évolutions législatives ou les pratiques de gestion des risques susceptible d’affecter le service public.

La responsabilité publique en matière de protection de la collectivité, notamment d’environnement et de sauvegarde de la population, augmente.

Lorsqu’elles sont interrogées sur la hiérarchisation des risques, les collectivités répondent que leur préoccupation pour les 18 mois à venir sont d’abord liées à l’environnement au sens large du terme (73%), incluant les catastrophes naturelles et d’origine humaine, et les risques liés aux changement climatiques. Vient ensuite l’augmentation de la responsabilité publique (63%), la continuité du service public (63%) et la sauvegarde de la population (54%) et les risques liés aux partenariats avec le secteur privé (51%). Ces résultats démontrent la difficulté des collectivités, prises entre des besoins immédiats pour faire face à leur responsabilités, notamment en matière de risques industriels, aux obligations réglementaires nombreuses émanant de l’Etat et des instances européennes, et les risques à long terme qu’elles doivent assumer et pour lesquelles leur rôle de prévention s’accroît. Ce phénomène est particulièrement mis en exergue en matière d’environnement, de santé publique ou de risque de pandémie, où la responsabilité de l’Etat et des collectivités locales face aux acteurs privés renforce la nécessité pour les collectivités de définir et coordonner une gestion des risques à l’échelle nationale et territoriale, et rend plus difficile un partage des risques équitable avec le secteur privé.

Les collectivités locales réalisent qu’elles doivent évaluer et faire évoluer leur gouvernance en matière de gestion des risques.

Face à ce phénomène 75% des participants expriment le fait qu’un référentiel de gestion des risques améliore ou pourrait améliorer leur gouvernance. Lorsque ce référentiel existe, comme au Royaume Uni, 89% estiment qu’il a bénéficié à la collectivité au sens large du terme, c’est-à-dire aux citoyens, mais aussi aux acteurs privés. Cependant, seulement 40% des personnes interrogées affirment comparer leur pratiques de gestion des risques avec celles des autres collectivités.

Philippe Auzimour, Directeur Europe Services Publics du Groupe MARSH : « La récession va avoir un impact déterminant sur l’approche du secteur public en matière de gestion des risques. Les élus et dirigeants territoriaux placent la gestion des risques davantage au cœur de leurs préoccupations.Plus de la moitié des répondants estiment que cette crise place la gestion des risques au cœur de la gouvernance publique. Une proportion similaire a accéléré la revue de leurs pratiques en matière de gestion des risques, et 22% estiment que leur collectivité va voir leur rôle de prévention et leur responsabilité en matière de gestion des risques s’accentuer. La proportion qui estime le contraire est la plus faible des 7 secteurs d’activité sondés, ce qui démontre cette tendance vers un accroissement de la responsabilité publique plus rapide que celle des acteurs privés.

Gérard Combe, Vice Président de Primo Europe et Fondateur de l’UDITE (Union des Dirigeants Territoriaux Européens) : Confrontés à des risques globaux et complexes tels que la pandémie, la crise économique et financière ou les risques naturels, les collectivités publiques s’organisent pour une gouvernance globale du risque. Quelle que soit l’excellence des approches verticales, elles ne sont pas suffisantes lorsque les risques se multiplient, s’entrecroisent, et interagissent les uns avec les autres.
Le risque s’invite au cœur du management public partout en Europe.

Recommandations de Marsh et de PRIMO

1. Placer la gestion des risques à un niveau à la hauteur des enjeux

Les collectivités ont besoin d’intégrer la gestion des risques dans la gouvernance publique de façon plus structurée et formalisée. Elles pourront ainsi faire face à l’accroissement de la responsabilité publique mise en évidence, et contribuer davantage encore à la sauvegarde de la population. Ceci nécessite de doter les dirigeants territoriaux d’outils de gestion des risques adéquats, de créer un consensus autour d’une politique de gestion des risques définie et coordonnée par un directeur des risques. Le Directeur Général des Services peut utilement animer un comité de gestion des risques définissant les axes stratégiques et pilotant les actions en la matière.

2.Favoriser l’émergence de référentiels et de formation en matière de gestion des risques spécifiques au secteur public, et la coopération.

Les outils de gestion des risques développés dans le secteur privé, et le programmes de formation correspondants, sont encore trop peu développés dans le secteur public. Les futurs gestionnaires de risques en collectivités locales doivent être formés à la cartographie des risques, aux analyses comparatives, aux risques liés aux partenariats public-privés, et aux outils de résilience suite aux évènements graves, ainsi qu’aux mécanismes de transfert des risques.

Leurs défis sont en cela très différents du secteur privé, car elles ont plus besoin de coopérer en matière de gestion des risques, qui ignorent les frontières à l’exemple du risque de pandémie, que de se faire concurrence. Il est donc crucial qu’elles échangent et coordonnent leur politique à l’échelle communautaire, locale, nationale voire internationale, et c’est la vocation de PRIMO en Europe.

3.Optimiser le transfert aux marchés de l’assurance et la conservation des risques

La crise actuelle aura pour corollaire l’augmentation des sinistres, en fréquence et en intensité, et des réclamations émanant des citoyens et des entreprises en difficulté. Les collectivités pourront ainsi financer le coût additionnel de ces risques en augmentant leur part d’auto assurance, à condition que la gestion des risques produisent les retours escomptés.

Le rapport complet en Anglais est téléchargeable sur le site de MARSH (www.marsh.com) ou de PRIMO EUROPE (www.primo-europe.eu).

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