mondialisation – Primo France https://www.primofrance.org La gouvernance du risque Wed, 01 Apr 2015 08:09:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 6850764 La collectivité dans la Troisième Révolution Industrielle https://www.primofrance.org/2015/03/la-collectivite-dans-la-troisieme-revolution-industrielle/ Tue, 03 Mar 2015 13:44:42 +0000 http://www.primofrance.org/?p=1593 VERS UNE NOUVELLE REVOLUTION INDUSTRIELLE

La Première Révolution Industrielle naît de technologies mécaniques utilisant la vapeur d’eau comme force motrice, permettant l’essor de transports rapides et augmentant la vitesse de communication tout en réduisant les coûts d’impression. Locomotives, presses rotatives et linotypes sont quelques-uns des outils mis à disposition, et ont favorisé l’alphabétisation de masse et la communication, en convergence avec une volonté politique d’enseignement public. Tout ceci contribue à faire émerger une main d’œuvre plus qualifiée et capable de mettre en place des processus complexes nécessaires au développement industriel.

Quant à la Deuxième Révolution Industrielle, elle naît de l’apport de l’électricité et du moteur à combustion interne; ces deux innovations ouvrent une ère de production de masse, et provoquent également un bouleversement des modes de vie observés jusqu’alors. Les dynamiques spatio-temporelles et sociétales sont renversées, avec la mécanisation des campagnes et du transport, ainsi qu’avec l’emballement des industries pétrolière et pétrochimique. D’autres modèles de communication et d’échanges se créent: téléphone, radio, télévision…

Mais le processus de la Troisième Révolution Industrielle commence bel et bien avec la création et la démocratisation d’Internet: grâce à cette nouvelle consommation de l’information, à cet accès immédiat et illimité à tous types de supports (audio, vidéo, écrit…), là encore, les mœurs subissent une petite révolution, menant à de grands effets.

La Troisième Révolution industrielle repose pour Rifkin[1] sur la création conjointe :

  • d’un système distribué de production et distribution d’énergies renouvelables. Cette énergie (petit éolien, photovoltaïque, géothermie…) serait produite non plus dans de grandes centrales toujours source de dépendance, de risque et associées à d’importantes pertes en ligne, mais un peu partout et de manière décentralisée, directement sur les constructions (toitures, terrasses, murs, vitrages photovoltaïques, murs anti-bruit…) ou via les fondations (géothermie, puits canadien…) ;
  • d’une capacité à stocker une partie de cette énergie (sous la forme d’hydrogène notamment), et à la redistribuer une partie de l’énergie ainsi produite de manière « décentralisée », par l’intermédiaire d’un réseau intelligent de type Smart Grid, sans émissions de gaz à effet de serre.

La Troisième Révolution industrielle devrait aussi susciter selon Rifkin une ère économique nouvelle qu’il qualifie d’ère du « capitalisme distribué » où des millions d’entreprises existantes et nouvelles ainsi que des propriétaires de logements et véhicules deviendront collaborativement des acteurs de l’énergie. Cette transition énergétique devrait être source de millions d’emplois dits « verts », accompagnant une nouvelle révolution technologique, augmenter considérablement la productivité, sans les inconvénients qu’elle a généré au XXe siècle, tout en atténuant la contribution de l’humanité au dérèglement climatique.

Ces cinq piliers sont :

1. La transition d’un régime d’énergies carbonées ou nucléaire vers les énergies renouvelables. Ces énergies ne sont encore qu’une faible part du bouquet énergétique mais elles se développent vite, leurs coûts diminuent, les rendant plus concurrentielles, surtout si on internalise les coûts environnementaux et de sécurité dans les sources dites « classiques » (pétrole, gaz, charbon et nucléaire).

2. La reconfiguration des infrastructures et bâtiments (180 millions de bâtiments rien qu’en Europe) en mini-centrales électriques collectant in situ des énergies renouvelables au profit d’une production décentralisée d’énergies, proche des endroits où l’on en a besoin. Des percées technologiques permettent déjà de multiplier des bâtiments à énergie positive. Des implications commerciales et économiques énormes concernent les secteurs de l’immobilier, des bâtiments et travaux publics et des autres Industries. De 2010 à 2035, des millions de bâtiments (maisons, bureaux, bâtiments publics, zones d’activité) pourront à la fois accueillir des gens et des activités, et produire de l’énergie à partir du soleil, du vent, de l’eau (énergie des vagues et des marées, hydroélectricité), des déchets organiques ou de la chaleur de la Terre (géothermie) pour eux-mêmes, en partageant le surplus là où il peut être utile.

3. « Installer dans chaque bâtiment et dans toute infrastructure de la société des technologies de l’hydrogène et d’autres moyens de stockage pour conserver l’énergie renouvelable intermittente, d’origine photovoltaïque notamment et garantir la satisfaction de la demande par une offre fiable et continue d’électricité verte. »
Pour maximiser les énergies renouvelables et en minimiser les coûts, il faut en effet rapidement développer des méthodes de stockage facilitant la conversion de source d’énergie intermittente dans des matériels fiables et partagés (ex. : batteries de véhicules pouvant faire l’objet d’un stock itinérant d’électricité, remontée d’eau par pompage-turbinage, stockage d’hydrogène qui semble être une solution d’avenir pour le stockage ou transport, etc.)
Ce sont des idées portées par Rifkin depuis 2002 au moins. En particulier, l’approche dite « V2H » fait des véhicules électriques personnels « une source accessoire d’énergie pour maintenir une alimentation électrique stable dans les habitations », sur la base du constat que ces véhicules ne sont utilisés en moyenne que 4 % du temps en 24 h.
Les batteries d’un véhicule en stationnement pourraient être utilisées comme unités de stockage immobiles (puis mobiles au moment de l’utilisation) et être exploitées selon les besoins (de l’habitat, du bureau, du réseau local, etc.). Cependant le système énergétique « bâtiment, véhicule électrique » est compliqué et sa « fiabilité et [sa] performance économique sont conditionnées par un pilotage correct et intelligent des ressources qu’ils intègrent.
Ceci ne vaut pas pour un véhicule d’administration ou d’entreprise (poste par exemple) utilisé à pleine capacité, mais pourrait être facilité par de nouveaux types de batteries.

4. Le développement de Smart Grid grâce à une technologie inspirée d’Internet connectant les réseaux énergétiques et électriques (devenus bidirectionnels) en un réseau unique et intelligent. Le réseau électrique sera son propre réseau informationnel. Ceci implique que toutes les mini-centrales de productions d’énergie soient équipées d’un module électronique, dans un esprit d’interopérabilité.

5. La transition des flottes de transport vers des véhicules hybrides ou à pile à combustible, pour tous les véhicules motorisés, chaque véhicule pouvant acheter et vendre de l’électricité en se connectant au réseau Smart Grid[]. Ce réseau est continental, marin (hydrogène ou électricité produits par les éoliennes offshore et l’énergie marine), ouvert et interactif.
Chaque batterie ou réservoir d’hydrogène de véhicule ou navire y joue aussi potentiellement : un rôle de réservoir « tampon » du réseau et un rôle de transporteur d’énergie. Tout véhicule connectable peut — selon les moments — prélever de l’énergie dans le réseau, ou lui en fournir (à partir de ses réserves inutilisées et–ou à partir de modules photovoltaïques).

 

 

 
[1] Jeremy Rifkin est souvent présenté comme le principal architecte de la Troisième Révolution industrielle, présentée dans l’un de ses ouvrages comme permettant de répondre à long terme au triple défi d’une crise économique mondiale, de la sécurité énergétique et du changement climatique. Rifkin a conseillé la Commission européenne et le Parlement européen.
Il a également conseillé le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero quand celui-ci était président de l’Union européenne. Il a aussi été conseiller de la chancelière allemande Angela Merkel, du Premier ministre portugais José Sócrates et du Premier ministre slovène Janez Janša lors de leurs présidences respectives du Conseil de l’Europe, sur les questions liées à l’économie, au changement climatique et à la sécurité énergétique. Rifkin travaille actuellement avec les responsables européens pour aider à façonner à long terme une Troisième Révolution industrielle pour l’Union européenne. Jeremy Rifkin propose également ses services aux villes ou régions qui souhaiteraient développer le concept de Troisième Révolution industrielle au sein de leur territoire.
Ainsi, à partir de 2009, Rifkin et son équipe ont mis en place des master plans destinés à mettre en pratique cette Troisième Révolution industrielle pour les villes de San Antonio (Texas), Rome (Italie), Monaco et de la Province d’Utrecht (Pays-Bas) afin de favoriser la transition des économies de ces territoires et d’en faire les premières aires urbaines décarbonées dans le monde. Ce mouvement de planification vers une Troisième Révolution industrielle s’est étendu en 2012 à la France avec la commande par le conseil régional du Nord–Pas-de-Calais et la Chambre de commerce et d’industrie région Nord–Pas-de-Calais d’un master plan destiné à mettre en place les préceptes de cette révolution industrielle sur l’ensemble du territoire de la région Nord–Pas-de-Calais.

 

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Rifkin

http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_r%C3%A9volution_industrielle

http://www.lesinrocks.com/2014/10/11/actualite/jeremy-rifkin-11529262/

http://www.liberation.fr/terre/2014/10/21/la-troisieme-revolution-de-rifkin-n-aura-pas-lieu_1126521

 

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Résumé du Rapport « Global Risks 2015 » https://www.primofrance.org/2015/01/resume-du-rapport-global-risks-2015/ Tue, 27 Jan 2015 10:40:42 +0000 http://www.primofrance.org/?p=1579 260416-WEF_Global_Risks_2015_Report

Voir le Rapport Complet ici

Le Rapport Mondial des Risques est publié à l’occasion du Forum Economique Mondial et inclut des informations et des bases de données reconnues et considérées comme fiables par ses auteurs.

Les 10 plus grands risques en termes de probabilité:

1/ Conflits interétatiques

De nombreux observateurs estiment que le monde entre dans une nouvelle ère de concurrence stratégique entre les puissances mondiales. La désillusion sur la mondialisation conduit à davantage de politiques étrangères auto centrées en combinaison avec une hausse du sentiment national alimentée en partie par les pressions sociales.
La montée du nationalisme est évident partout dans le monde: en Russie, comme vu dans la crise de  Crimée; en Inde, avec la popularité croissante des politiciens nationalistes; et en Europe, avec la montée des partis d’extrême droite, nationalistes et eurosceptiques dans un certain nombre de pays.

2/ Evènements météorologiques extrêmes

Sécheresses intenses, pluies diluviennes, tempêtes tropicales et autres ouragans dévastateurs : les coups durs du climat se sont multipliés et intensifiés au cours de la dernière décennie.

3/ Echec de la gouvernance nationale

Ce secteur de risque saisit un certain nombre d’éléments importants comme l’incapacité à gouverner efficacement en raison de la corruption, du commerce illicite, du crime organisé, la présence d’impunité et d’une règle juridique généralement faible. Au cours des dernières années, les liens entre les nombreuses formes de criminalité et la corruption mondiale et leurs répercussions sur la sécurité mondiale, l’extrémisme, le terrorisme et les États fragiles n’ont cessé de se renforcer.

4/Effondrement de l’Etat ou crise étatique

Comme les structures étatiques sont mises au défi suite aux conflits, le risque d’un effondrement de l’Etat ou d’une crise nationale peut augmenter dans les zones où les frontières actuelles de l’État ne reflètent pas nécessairement l’auto-identification populaire. Un exemple récent est l’Irak et la Syrie, ISIS a revendiqué le contrôle d’une partie du territoire.

5/ Chômage ou sous-emploi

Le taux de chômage mondial à rester aux niveaux actuels jusqu’en 2018, ce qui reflète un problème croissant du chômage structurel dans les économies avancées.
Ce sera probablement maintenir les salaires bas, le maintien de pressions déflationnistes; dans la zone euro, l’inflation est tombée aussi bas que 0,66% en 2014.
Comme dernières années ont vu une accumulation de la dette dans de nombreuses grandes économies notamment la Chine, où le rapport de l’entreprise de la dette au PIB est passé de 92% en 2003-2007 à 110% en 2013 le risque possible est que la déflation pourrait réduire la capacité des débiteurs à rembourser, menaçant la stabilité future du système financier.

6/ Catastrophes naturelles

En ce moment même, un blizzard sévit à New-York, qualifié de « Snowpocalypse ». En 2015, la communauté internationale a une occasion unique d’aligner l’agenda de développement sur le changement climatique. Une série de sommets mondiaux sur le changement climatique, la réduction des risques de catastrophes naturelles, le financement pour le développement et les objectifs de développement durable pourrait intégrer dans l’architecture de la gouvernance mondiale post-2015 un programme cohérent pour lutter contre les risques environnementaux.

7/ Echec de l’adaptation aux changements climatiques

La situation va s’aggraver davantage si plusieurs catastrophes environnementales artificielles provoquant des chocs se produisent: les exemples les plus récents incluent la catastrophe de la centrale  de Fukushima menaçant de contaminer l‘eau douce et l’eau de mer, ou le déversement de pétrole de Deepwater Horizon contaminant de grandes zones de la côte le long du Golfe du Mexique.

8/ Crises de l’eau

Dans les prochaines décennies, le changement climatique va ajouter à la pression que la croissance économique et le développement mettent déjà sur les eaux souterraines et les eaux de surface. L’eau est un problème qui doit être géré localement, comme le prouvent les initiatives locales qui peuvent être adaptées et répliquées ailleurs si nécessaires.

9/ Fraude ou vol de données

Atteintes à la vie privée, vols de données pour les revendre à des gouvernements opposés ou même à des cellules terroristes, l‘Internet des Objets (IdO) est susceptible de perturber des modèles d’affaires et des écosystèmes à travers une large gamme d’industries. La perspective d’un changement si radical dans de multiples secteurs pose des risques systémiques potentiels tels que grande perturbation à grande échelle dans les marchés du travail. Une défaillance majeure de la sécurité publique pourrait également empêcher l’IdO de devenir vraiment répandue.

10/ Cyber attaques

Le risque de cyber-attaques à grande échelle continue à être considéré comme supérieur à la moyenne sur les deux dimensions de l’impact et de la probabilité.
Cela reflète à la fois la sophistication croissante des cyberattaques et la montée de l’hyperconnectivité, puisqu’un nombre croissant d’objets physiques sont connectés à Internet et que de plus en plus de données personnelles sensibles y compris concernant la santé et les finances sont stockées par les entreprises dans le Cloud.

Les 10 plus grands risques en termes d’impact:

1/ Crises de l’eau

Voir plus haut.

2/ Propagation de maladies infectieuses

Une vie urbaine de plus en plus dense facilite la propagation de maladies infectieuses. Des vulnérabilités particulières existent dans les pays où une urbanisation rapide résulte dans la création de logements informels rendant difficile le contrôle de la transmission, et peut donc augmenter les risques d’épidémies transmises par les moustiques, comme le paludisme, la tuberculose, la dengue et la fièvre jaune.

3/ Armes de destruction massive

Dans la catégorie des risques géopolitiques, sont identifiées les armes de destruction massive (ADM),  comprenant des armes nucléaires, chimiques, biologiques et radiologiques, comme le troisième risque ayant le plus d’impact.
Si déployés, elles créeraient une crise internationale avec d’énormes coûts humains et économiques.
Dans les prochaines décennies, les progrès technologiques, un meilleur accès à la connaissance scientifique et la vulnérabilité accrue des informations classifiées aux cybermenaces vont augmenter le risque de prolifération des ADM, notamment dans les zones fragiles.
Cela souligne la nécessité d’une plus grande collaboration internationale pour contrôler leur prolifération.

4/ Conflits interétatiques

Voir plus haut.

5/ Echec de l’adaptation aux changements climatiques

Voir plus haut.

6/ Choc des prix de l’énergie

L’interdépendance croissante de l’économie mondiale augmente les effets économiques de tout conflit géopolitique. Les chaînes d’approvisionnement qui courent à travers les pays en conflit pourraient être interrompus, ce qui conduira à des perturbations dans la disponibilité des biens ou de l’énergie.
Les sondés considèrent que le risque d’un choc des prix de l’énergie pour l’économie mondiale, sera plus susceptible d’avoir un impact plus important que les années précédentes, en dépit de la disponibilité croissante de gaz de schiste ou de sources d’énergie alternatives.

7/ Panne critique des infrastructures

Le monde a plus à perdre que jamais de l’échec massif des infrastructures. Pour améliorer  l’efficacité et ce, à moindre coût, différents systèmes ont  été autorisé à devenir hyper dépendants l’un de l’autre. La défaillance d’un  maillon peut créer des effets dévastateurs sur plusieurs systèmes et de vastes zones géographiques.

8/ Crises fiscales

Alors que le monde
a fait des progrès dans le traitement et la prévention des crises financières, et de petites améliorations dans les questions fiscales ont été atteints, le danger de la complaisance par rapport à d’autres risques existent: les experts restent préoccupés par les risques résiduels importants, qui peuvent avoir été éclipsés par d’autres risques dans l’enquête.

9/ Chômage ou sous-emploi

Voir plus haut.

10/ Perte de la bio-diversité et effondrement des éco-systèmes

La surpêche, la déforestation et la mauvaise gestion des écosystèmes fragiles tels que les récifs coralliens augmentent l’effort sur les systèmes de nourriture et d’eau. La perte de biodiversité majeure et l’effondrement des écosystèmes a été évalué comme à fort impact par les personnes interrogées, mais inférieur à la moyenne en termes de probabilité.

CONCLUSION

Une caractéristique importante de risques mondiaux, qui transparaît à travers les cas inclus dans ce rapport est leur interdépendanceIl est important de souligner que les risques ne peuvent pas être pris isolément. Les boucles de rétroaction entre les risques et le fait qu’ils sont aussi conduits par des tendances sous-jacentes augmentent leur complexité et rend plus difficile le contrôle  individuel de ces risquesAu cours des dernières années, la vitesse de transmission et la force des interconnexions ont drastiquement augmenté.

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